08/06/09

FORMALDEHYDE

 

 

Synonymes : aldéhyde formique, méthanal, oxyde de méthylène, oxométhane

 

N° d’identification               N° CAS : 50-00-0                 N° ID (INDEX) : 605-001-5                               N° CE (EINECS) : 200-001-8

 

 

Juin 2004 : le CIRC classe  le formaldéhyde dans le groupe 1 des  cancérogènes  pour l’Homme.

Mai 2008 l’AFSSET  fait  paraitre le  rapport d’expertise collective sur les risques  sanitaires dus à la présence de formaldéhyde dans l’air intérieur et l’environnement,  pour la population générale.

Décembre 2008  l’AFSSET évalue les effets sur la  santé liés à l’utilisation du formaldéhyde en milieu de travail, les méthodes de mesure  des niveaux d’exposition et  propose des valeurs limites.

15 janvier 2009 : création du tableau des maladies professionnelles n°43bis relatif aux affections cancéreuses liées au formaldéhyde.

 

Sous quelle forme et où le trouve-t-on ?

·   Forme : le formaldéhyde est un gaz incolore, d’odeur piquante, se polymérisant facilement, très soluble dans l’eau sous forme de formaline ou formol (solutions aqueuses commerciales contenant de 10 à 40 % de formaldéhyde stabilisé par 10 % de méthanol).

·   En milieu de travail, l’exposition au formaldéhyde sous forme gazeuse peut provenir de quatre types de sources :

* le dégagement direct à partir de solutions aqueuses : le formol est utilisé par exemple dans l’industrie chimique ou en milieu médical et paramédical comme fixateur lors de travaux d’anatomopathologie au laboratoire ou au bloc opératoire et comme désin-fectant terminal au bloc. En thanatopraxie, l’exposition peut être importante, notamment lors des travaux effectués au domicile. Des solutions à des concentrations de 0,05 % à 1 % entrent dans les formulations de nombreux désinfectants ou biocides mais il n’est pas indiqué pour la gestion du risque ATNC (Agents Transmissibles Non Conventionnels)

* le dégagement par mise en chauffe ou pyrolyse de polymères à base de formaldéhyde : résines ou colles urée-formol et phénol- formol qui sont :

-       soit des agents de liaison de fibres ou particules diverses dans les panneaux de bois reconstitués, les apprêts pour textiles et vêtements, le papier…,

-       soit des constituants de peintures, de vernis, de certains vitrificateurs pour parquets, de liants d’abrasifs, d’isolants ther-miques, des fibres et mousses d’isolation…,

-       soit des plastiques spéciaux (polyacétals, polyoxyméthylène ou POM)…,

-       dans les fonderies, une exposition existe lors de la préparation des moules à 60°, du décochage… ;

* l’hydrolyse d’oligomères de formaldéhyde (ex paraformaldéhyde) ;

* la dégradation par pyrolyse de polymères hydrocarbonés et de divers matériaux organiques : d’où la présence de formaldéhyde  dans de nombreuses fumées de combustion. Par exemple : fumées de soudure sur tôles enduites d’huiles anticorrosion, fumées de tabac, d’incendie, de cuisson des aliments, gaz d’échappement.

 

C’est un polluant environnemental ubiquitaire.

Les professions et secteurs d’activités concernés sont nombreux : il faut se référer aux sources multiples d’utilisation et d’émission.

 

 

 

Quels sont les risques pour la santé et la sécurité ?

·   Il est très irritant pour  la peau, les voies aériennes supérieures et les yeux.

·   C’est un allergène puissant de la peau et des voies aériennes (eczéma, asthme).

·   C’est un cancérogène certain chez l’Homme entraînant des risques de cancer nasopharyngé (preuves épidémiologiques), des risques de leucémie myéloïde (forte présomption) et une possibilité de risques de cancer naso-sinusien. Il est probablement mutagène pour les cellules germinales pour des expositions supérieures à 0,3 ppm (valeur MAK, études animales - source DFG).

·    L’épidémiologie semble montrer que les niveaux d’exposition inférieurs à cette concentration protègent aussi des effets cancérogènes (voir « métrologie »), mais des concentrations même très faibles ne protègent pas des effets sensibilisants.

 

 

 

 

Voies d’introduction dans l’organisme. Toxicité. Métabolisme :

·         La pénétration dans l’organisme est essentiellement respiratoire.

·         L’absorption transcutanée est négligeable.

·         L’aldéhyde réagit en se liant aux protéines des tissus avec lesquels il entre immédiatement en contact : muqueuse oculaire, trachéale et principalement rhinopharyngée, d’où la localisation de la symptomatologie.

·         Il n’y a pas d’absorption systémique significative lors des expositions professionnelles.

 

 

 

 

 



 

Métrologie :

 

Valeurs limites réglementaires et valeurs guides :

·        Exposition professionnelle : des contrôles atmosphériques réguliers sont nécessaires pour les salariés (fiche MétroPol N°001).

        Valeurs limites dans l’air fixées par circulaire (1 ppm = 1,23 mg/m3  à  25°C)

                        VME : 0,5 ppm      VLE : 1ppm

·         Air intérieur :          0,08 ppm, valeur de référence indiquée par l’OMS.

                                               0,05 ppm, objectif pour un air de qualité. 

·         En décembre 2008, l’AFSSET recommande les seuils d’exposition suivants : « valeur limite (8h) réglementaire de 0,2 ppm
(soit 0,25 mg/m3) et valeur limite court terme (VLCT sur 15 minutes) de 0,4 ppm (soit 0,5 mg/m3). Pas d’attribution de mention peau ».

L’AFSSET indique que le respect de ces valeurs inférieures à celles actuellement applicables (circulaire du 12/07/93) protègent des principaux effets toxiques liés au formaldéhyde :  

-          le seuil de 0,2 ppm sur 8h prévient d’éventuels effets irritants sur le tractus respiratoire, initiateurs des cancers du nasopharynx ;

-          la VLCT de 0,4 ppm, en  limitant les pics d’exposition, prévient d’éventuels effets irritants oculaires.       

               

Biométrologie IBE :

 

Il n’existe pas d’indicateur biologique d’exposition pertinent. 

Le dosage de l’acide formique et des formates urinaires ne présente aucun intérêt pour évaluer l’exposition professionnelle. Il n’est que le reflet du métabolisme propre de l’individu.

 

 

 

Réglementation et classements :

 

·         Formaldéhyde classé cancérogène pour l’Homme groupe 1 par le CIRC Centre International de Recherche sur le Cancer) en juin 04 (3) et à ce jour cancérogène catégorie 3 par l’UE.

·         Application du décret CMR 2001-97 à la date du  01/01/2007.

·         Arrêté du 13 juillet 2006 (JO n°174)  modifiant l’arrêté du 5 janvier 1993 fixant la liste des substances, préparations et procédés cancérogènes : les travaux exposant au formaldéhyde sont ajoutés à la liste des procédés classés cancérogènes. Cet arrêté impose, en France, de considérer le formaldéhyde comme une substance étiquetée R45 ou R49. (Voir « Tableau des maladies professionnelles », actualisation par le Décret 2009-56).

 

·         Phrases de risques réglementaires : fonction de la concentration   

·   Aldéhyde formique en solution à des concentrations supérieures à 25 % (arrêté du 8/06/1998) :

Identification de danger : T Toxique

Phrases de risques réglementaires :

R 23/24/25          Toxique par inhalation,  contact avec la peau et ingestion

R 34                    Corrosif : provoque des brûlures

R 40                    Cancérogène catégorie 3 : effet cancérogène suspecté preuves insuffisantes

R 43                    Sensibilisant : peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau.

 

·   Préparations contenant de l’aldéhyde formique (arrêté du 9/11/2004) :

Entre 5 et 25 % :

Identification de danger : Xn Nocif

Phrases de risques réglementaires :

R 20/21/22          Nocif par inhalation, contact avec la peau et ingestion

R 36/37/38          Irritant pour les yeux, les voies respiratoires et la peau

R 40                    Cancérogène catégorie 3 

R 43                    Sensibilisant : peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau.

Entre 1 et 5 %

Identification de danger : Xn Nocif

Phrases de risques réglementaires :

R40                     Cancérogène catégorie 3

R43                     Sensibilisant : peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau.

Entre 0,2 et 1 %

Identification de danger : Xi Irritant

Phrases de risques réglementaires :

R43                     Sensibilisant : peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau.

Entre 0,1 et 0,2 %

La FDS doit mentionner la présence de formaldéhyde au point 2.

 

Noter l’absence d’indication du risque cancérogène certain du fait du décalage entre les réglementations, classification française (arrêté du 13/07/06) et celle de l’étiquetage.

 

 

 

 

 

 

 

·         Classification CLP/SGH

 

Aldéhyde formique en solution à des concentrations supérieures à 25 % :

 

H 351 (cancérogène 2 CLP/SGH)

H 331  H 311 H 301(toxicité aigue)

H 314 (corrosif)

H317 (sensibilisation cutanée)

 

 

 

 

 

 


                                                                                    

 

 

 

 

 

 

 

 

·         Tableau de maladie professionnelle

 

Création du tableau des Maladies Professionnelles 43bis relatif aux cancers liés au formaldéhyde Décret n°2009-56 du 15/01/09 révisant et complétant les tableaux des MP annexés au livre IV du code de la sécurité sociale.

Le carcinome du nasopharynx  est désormais indemnisé avec un Délai d’Exposition au Risque de 5 ans et un Délai de Prise En Charge de 40 ans.

 

 

 

 

 

Prévention :

 

Il existe des produits de substitution à base d’acide peracétique et de peroxyde d’hydrogène pour le nettoyage et la désinfection de salles en établissement de soins, pour la désinfection des dispositifs médicaux thermosensibles et en thanatopraxie.

 

Si la substitution n’a pas été possible, il faut utiliser le formaldéhyde  en vase clos, sinon sous aspiration et/ou avec des gants et/ou un masque à cartouche B ± P3 si la solution est pulvérisée.

 

 

 

Pour en savoir plus :

 

·         « Le CIRC classe le formaldéhyde cancérogène pour l’Homme » 2006 : www.inrs.fr

·         Fiche de répertoire toxicologique CSST.                                                               

·         Site InVS

·         Fiche toxicologique FT 7 et Brochure ED 5032 de l’INRS.